Lust for LifeQuarante ans exactement après l'Iguane, Lana nous encourage à son tour à "désirer la vie", et, à la différence de son prédécesseur largement ignoré à l'époque par une critique sourde, voici un album qui recueille une flopée d'éloges de toutes parts. Au point que le cynique en moi se demande si les poches de la maison de disques de Lana del Rey sont aussi profondes que ça... Car au milieu de la cacophonie de louanges enamourées, on est bien en peine d'identifier un fil conducteur. Pour l'un, Lana revient au monde réel pour lutter contre le Mal trumpien et la décadence programmée des USA. Pour l'autre, elle poursuit sa dérive morbide et langoureuse dans un univers lynchien / nostalgique. On célèbre ici ses collaborations divergentes avec le "gratin de la musique" et avec les rappers ou RnBers à la mode, alors que là on loue sa capacité à rester la même au fil des longues 16 chansons de son dernier album. Bref, chacun semble écouter un album différent et y trouver une justification originale pour aimer la "belle Américaine". Personnellement, et à la différence du précédent et ultra-sensible "Honeymoon", "Lust for Life" m'ennuie un peu, alternant recyclage impudent de recettes bien connues et tentatives à demi réussies seulement de sortir du chemin tout tracé du succès, le tout résultant en un fourre-tout sans cohérence, combinant le meilleur avec le pire jusqu'à saturation des sens. Une fois l'hystérie générale calmée, je parie qu'on s'accordera tous à parler ici d'un disque de transition, ni brillant, ni honteux, mais sans doute nécessaire à l'évolution d'une artiste trop souvent dans la redite. Et que, dans l'histoire de la Musique, "Lust for Life" restera le titre d'un grand album d'Iggy Pop.