2017 09 04 Catherine Ringer La Cigale (3)20h55 : Catherine Ringer est sur scène avec un quatuor guitare – claviers – basse – batterie, mais j’ai d’abord un peu de mal à la reconnaître, non pas que ses soixante ans (très proches) l’aient plus marquée que normal, mais elle a de prime abord un côté très sage qui tranche avec notre souvenir d’une Catherine bien déjantée. La première chanson, Senior, est d’ailleurs à proprement parler effrayante, autant par ses paroles (« Senior ? J’adore… ! », OK !) que par la manière extrêmement conventionnelle dont Catherine l’interprète… On attendait avec Clément un set bien rock, on se rend compte à notre grande horreur qu’on va avoir droit à un concert de chanson française traditionnelle (et poussiéreuse…). Et les trois morceaux qui suivent, s’ils permettent à Catherine de bouger un peu plus, et de nous montrer par éclairs des restes de son ancien style scénique, vont malheureusement confirmer l’impression négative de la première chanson. Les compositions sont très faibles, dans un style variétés françaises inintéressant au possible, et le groupe est totalement incompétent, quand ce n’est pas pénible lorsque les nullards font des démonstrations en solo. Incroyablement, le public semble apprécier, et même délirer devant ce set catastrophique : jusqu’où ira donc le fanatisme aveugle ?

Le pire est évidemment quand ce joli petit monde se met en tête d’interpréter des chansons du répertoire des Rita Mitsouko (Don’t Forget the Nite est hideux, littéralement !) : pas de structure, pas de rythme, pas d’inspiration, on est au niveau d’un groupe de bal ou bien de mariages… Là-dessus, peu importe si Catherine chante bien ou mal, mais globalement il faut reconnaître qu’elle se débrouille plutôt bien, même si son registre actuel me la fait imaginer reprenant plutôt Piaf ou Fréhel ! J’ai très envie de me sauver, mais j’espère encore, plein d’illusions, que l’apparition de Ron et Russell changera la donne.

2017 09 04 Catherine Ringer Sparks La Cigale (14)Ce ne sera qu’après une bonne dizaine de chansons, et trois bons quarts d’heure, qu’un roadie viendra installer le clavier de Ron, et que Sparks apparaîtront enfin. Russell, dans un français assez excellent, rendra hommage à Fred Chichin, avant d’attaquer le merveilleux Singing in the Shower… qui constituera mes trois minutes de plaisir au cours d’une longue, longue et pénible soirée comme j’en ai rarement connues. Ron et Russell sont évidemment impeccables, inchangés, et la conjonction des voix de Russell et Catherine fonctionne bien. Live in Las Vegas est déjà un ton en-dessous, parce que le groupe se fait bien trop entendre, et que le public ne connaît pas massivement la chanson (elle n’était à l’époque qu’en bonus sur le CD "Marc et Robert"). When I’m With You, hit français sucré du Sparks des eighties, est complètement déséquilibré par l’interprétation terriblement maladroite du groupe, et loupe sa cible. Et… c’est fini. Ron et Russell se retirent déjà, me laissant au trente-sixième dessous : mais qu’est-ce que je fais donc ici ce soir ?

Il nous reste alors à boire la coupe jusqu’à la lie : une version infâme du merveilleux Marcia Baila, qui a perdu toute sa flamme et son rythme, est un véritable coup de pied de l’âne pour les (rares) vrais fans de rock, ou simplement de musique, qui ont eu le malheur, comme nous, de se pointer ce soir à la Cigale. Mais le fond est atteint avec une interprétation ignoble de Andy, qui, joué par les cancres qui sont ce soir sur scène, est un gloubi-boulga informe.

Une heure trente et quelques de souffrance, tout le monde salue, et, inexplicablement, les fans dans la fosse en réclament encore, ce qui offre quand même une perspective désespérante quant au goût français pour la musique. Heureusement, ça suffira comme ça, et dans un dernier salut avec Ron et Russell, Catherine prend définitivement congés. J’attendais bien sûr C’est Comme ça, mais Clément et moi tombons d’accord pour nous dire qu’il valait sans doute mieux qu’une nouvelle séance de torture nous soit épargnée.

Je sors de la Cigale complètement dégoûté, en jurant qu’on ne m’y reprendrait plus ! Sale début de saison !