RevivalLes 150 premières pages de "Revival" sont sans aucun doute ce que Stephen King a écrit de meilleur depuis sa dernière "grande époque" (depuis "Misery" ?) : on y retrouve cet incroyable talent à parler de l'enfance - comme dans "It" - d'une manière aussi universellement poétique que terriblement intime, et on se sent à nouveau prêt à défendre la théorie (émergente, la théorie, mais c'est mieux que rien...) que King serait le grand "Auteur Américain" ignoré par tous. Et puis tout fan de rock'n'roll ne pourra qu'être inspiré par la manière dont King, notre frère de musique, raconte la manière dont son héros apprend à jouer de la guitare, puis rejoint un groupe : tout cela est juste, beau, puissant. Le problème est qu'il reste encore 300 pages à lire, et qu'il y a une intrigue fantastique à lancer... Sans être mauvaises, ces 300 pages peineront à nous passionner, sans doute parce que leur "sujet" serait suffisant pour une nouvelle, mais certainement pas pour un roman entier. Heureusement, la toute dernière partie, qui cite directement Lovecraft et ses visions les plus effroyables, mais aussi Mary Shelley et son Frankenstein - King, honnête, dédie le livre à Lovecraft, à Mary Shelley, et à ces écrivains classiques du fantastique qui lui ont servi - nous ont servi - de fondations -, retrouve une certaine grandeur "classique", et permet à "Revival" de se clore dans une ambiance de désespoir absolu qui tranche avec le tout venant de la production littéraire. Si l'on ajoute les assauts déterminés de King contre la religion, qu'il n'a jamais rejetée aussi violemment qu'ici, "Revival" est définitivement un livre mémorable du "maître de Bangor", même s'il n’atteint malheureusement pas le status de chef d’œuvre du genre, comme l'on fait avant lui tant de ses romans...