Six Feet under 03Lorsque s'ouvre la troisième saison de "Six Feet Under", en format 16/9 tranchant avec le 4/3 des saisons précédentes, bénéficiant d'un photographie plus sophistiquée et d'effets de mise en scène témoignant de sa crédibilité ascendante (nous sommes en 2003, et le format de la série TV explose à travers la planète), l'on sent immédiatement que la création d'Alan Ball (à laquelle collabore désormais la future grande Jill Soloway) est passée à un niveau supérieur : maîtrise de la narration, gestion impressionnante des affects, profondeur des thèmes, "Six Feet Under" a définitivement rompu avec la tradition du SitCom. La meilleure série américaine de l'époque, alors que les "Soprano" s'offraient une pause, nous offrait sa plus belle saison à date, marquant une superbe maturité de ses sujets et de ses personnages, soulignée par la précision de la réalisation dans la plupart des épisodes, et s'élevant vers les sommets dans ses derniers épisodes tournant autour de la disparition quasi-"antonionienne" de Lisa. Mais si la tristesse dominait toujours de manière aussi poignante, générant ce bourdonnement dépressif qui est la subtile marque de la série, "Six Feet Under" savait désormais s'élever brusquement vers d'autres sentiments, et nous communiquer en des instants de grâce une vraie joie - mélancolique certes, mais quand même - d'être (pour le moment, encore...) vivants. Un classique venait de naître.