Dunkerque afficheL'un de mes plus forts souvenirs de film de guerre me restant de mon enfance est "Weekend à Zuydcoote", d'Henri Verneuil, qui dépeint plus ou moins la même situation que le volet "The Pier" du "Dunkerque" de Christopher Nolan. Autant dire que le blockbuster "contemporain" à la manière Nolan ne faisait de toute manière pas le poids face à mon souvenir chaviré d'un Belmondo mitraillé sur la plage... Ici, nous avons droit à l'un de ces concepts qui, on le sait depuis longtemps, enchantent Nolan (trois fils narratifs avec des temporalités, et des vitesses de déroulement, différents), mais qui ne produisent au final pas grand chose en termes de fiction, sans même parler de Cinéma. "Dunkerque" n'est en fait qu'un survival movie rempli d'incohérences et d'aberrations, bien de notre époque, donc pas très réfléchi (le mode "immersion" justifiant à peu près tout, et surtout de grandes libertés avec le réalisme qui ne serait pas assez beau à l'écran), trop bruyant (cette horreur de musique, une fois de plus !), et terriblement répétitif. Fastidieux. Le pire étant que ce n'est que quand Nolan finit par entonner les vieux refrains patriotiques éculés, qui caractérisent le film de guerre hollywoodien depuis ses origines, que l'on ressent un peu quelque chose : même si ce ne sont que les habituels clichés qu'il nous a resservi (un peu anti-français pour faire bonne mesure, puisque le peuple anglais est héroïque même quand il bat en retraite, tandis que les froggies ne font que se sauver), on se dit que c'est quand même mieux que l'interminable et étouffante vacuité qui a précédé.