Captain Fantastic AfficheSans doute parce je suis un père, un fils d'enseignant et que les questions ideologiques me paraissent essentielles, je ne pouvais que me passionner pour le sujet de "Captain Fantastic", un film américain "grand public" (même si étiqueté "indie") qui a quand même le culot de glorifier Chomsky, de moquer l'obésité générale et l'hystérie consumériste, et de pointer du doigt la faillite du système éducatif universel. Sans même parler du courage (?) de frotter ses convictions contre la dure réalité (la maladie mentale de la mère, la nécessaire révolte adolescente, la tentation de la facilité et du luxe)... Très bien, mais toutes ces bonnes intentions font-elles vraiment un bon film ? Eh bien malheureusement pas ici, tant la réalisation comme le scénario semblent effectuer systématiquement tous les mauvais choix : de l'esthétisation hors de propos des scènes "dans la nature" à un alignement de moments "feel good" qui caressent le spectateur dans le sens du poil, en passant par une dernière partie visant un consensus mou typique de notre époque, "Captain Fantastic" dilapide stupidement le capital de sa superbe idée de départ. Et nous laisse au final échoués sur la berge sans que la traversée espérée n'ait vraiment commencé. Avec quand même, ce qui n'est pas tout à fait rien, les bonnes questions en tête.