2017 07 23 La Femme Lollapalooza Paris (32)Il a plu quelques gouttes pendant la fin du set d'IAM, mais ça s'est vite calmé. Pour le moment la météo est plus clémente que prévu, pourvu que ça dure ! Changement complet du public bien sûr pour la Femme : beaucoup de jeunes gens au visage peint font leur apparition. Je gagne quelques mètres vers le milieu. Jusque-là, tout va bien, comme disait l'autre, sauf que j’aborde ce set avec beaucoup de doutes, ayant entendu de nombreuses critiques négatives sur les capacités scéniques du groupe...

... mais j'avais tort d'être inquiet... 19h15, une bande de fous furieux entrent sur scène, quelque part entre la gay pride et Au Bonheur des Dames, pour ceux qui étaient nés à l'époque. Un soupçon de délire Béruriers sans la contestation politique : et c'est parti pour une heure roborative de punk rock psychédélique déjanté. Avec on le savait, des incursions "dance", des chansons électro qui rappellent les garçons modernes (mais bien moins que sur l'album...), une touche de variété cabaret un peu ridicule. Bon, ok, ils jouent très approximativement (mais de toute manière le son est pourri), et Clémence chante vraiment mal, même si elle est très jolie. Mais depuis quand les punks sont-ils censés chanter et jouer bien ? Hein, je vous demande ! La Femme nous ont offert une heure de fête, et le public a répondu avec un enthousiasme sans partage, ce qui a clairement élevé le niveau général. Il y a eu beaucoup de cul, de sexe, d'exhibition hétéro, homo et transgenre, beaucoup de couleurs, de paillettes et de strass. Marlon, visiblement branché sous 100.000 volts, a fait un slam courageux. A un moment, ils ont réussi à diviser la foule pourtant bien serrée en deux groupes et à organiser une bataille rangée (pour rire) entre eux – Luca, proclamé "ceinture noire en rock" a été lui-même au milieu du mosh pit organiser tout ça ! C'est dire ce que la Femme peuvent faire quand l'alchimie opère, comme visiblement ça a été le cas ce soir ! A un moment, l'une des choristes est passée au micro, et, vêtue de grandes ailes de papillon, elle nous a offert un moment de chant lyrique, avec une voix parfaite : c'est aussi ça, la Femme, des instants de surprise totale. Bon, la troupe toute entière est bien taraudée par le sexe, en témoignent les nombreuses chorégraphies travesties et assez dénudées qui accompagnent les morceaux, ou encore le conseil lancé par Marlon avant Mycose : « On n'est pas à Solidays, même si c'est le même endroit, il y a pas de capotes partout... Mais bon, prenez des capotes et on y va ! ». Ou encore la blague de cour d’école primaire sur la « grande queue » à faire avant d’aller aux gogues, qui « peut plaire à certains »… Et puis, bien entendu, et heureusement, comme tout concert punk l'exige, nous avons tous sauté comme des petits pois, le sourire aux lèvres, sur les brûlots du premier album (Sur la Planche, bien sûr). Après, je ne dirai pas que cette musique est géniale, et encore moins indispensable : je sais seulement que, ce soir à Lollapalooza, ça a été incroyablement fun...