american-gods-season-1 affichePas lu le livre, connais pas le fameux Neil Gaiman devant lequel se pâment les djeunes... j'ai donc tout pour être objectif face à cet "American Gods" de la maison Amazon qui fait le buzz. Je me lance, et trouve le pilot insupportable de formalisme, peu réfléchi de surplus : beaucoup d'images choc à la bêtise criante, aucune vision consistante (normal, une série TV, ça n'a généralement pas de véritable "auteur" - à quelques exceptions près, les chefs d'oeuvre que tout le monde connaît...), un scénario qui est un véritable foutoir, une mythologie tout ce qu'il y a de confuse, une musique insupportable qui noie tout en permanence. Mais voilà, il y a Ian McShane, qui nous a manqué depuis "Deadwood" et qui cristallise dans son jeu excessif toute la fiction qui fait défaut partout ailleurs. Il donne envie de continuer. Je continue. Huit épisodes plus tard, la saison 1 se termine : on s'est régulièrement ennuyés en cours de route, mais il y a eu quelques moments WTF - comme on dit de nos jours - qui ont fini par générer un petit quelque chose de l'ordre de la fascination : du genre, "mais jusqu'où vont-ils aller" ? Des scènes gore, des détails déplaisants ou même gerbants, du sexe visiblement construit pour provoquer - comme cette scène homo entre arabes, forcément polémique... des gamineries en fait. Le sujet de "American Gods" - les anciens Dieux du Vieux Mondes auxquels plus personne ne croit, concurrencés par la technologie et les réseaux sociaux - fini par émerger au 5ème épisode, mais on ne peut pas dire que les scénaristes soient pressés de le traiter... ce qui est d'ailleurs dommage car il n'est pas sans intérêt. Bref la série, en forme de road movie dévasté, a fait du sur-place pendant 8 heures. Mais ce cabotin d'Ian McShane est resté impeccable, dépassant même ce vieux Nicholson en matière d'histrionisme. Pour lui, on regardera la seconde saison.