2017 07 03 Metronomy Philharmonie (8)Avant toutes choses, il faut noter que cette tournée “Summer 08” de Metronomy, plus d’un an après la sortie de l’album du même nom, est une belle surprise, le dit album ayant été présenté à l’époque comme une sorte de parenthèse solo de Joseph Mount, qui ne serait pas défendue sur scène par le groupe. Je suis donc doublement ravi de voir le groupe au complet entrer sur scène à 21h45 : le quatuor original, complété comme toujours par un musicien additionnel aux claviers, est vêtu de blanc, sauf Olugbenga qui a enfilé un vêtement traditionnel africain du plus bel effet. Les lumières sont magnifiques, comme c’est d’ailleurs toujours le cas avec le groupe. La disposition des musiciens a changé, les deux claviers (inclinés à la verticale, cela vaut la peine d’être noté !) et la batterie étant maintenant parfaitement alignées au fond de la scène, derrière des vitres qui deviennent opaques ou transparentes suivant l’éclairage, tandis que Joseph et Olugbenga ont tout l’espace de la scène devant pour évoluer. A noter que Joseph a cette fois délaissé les claviers, et qu’il se concentrera sur le chant, la guitare et les percussions (dans la première partie du set).

Le bonheur, tandis que Joseph attaque l’intro un peu délirante de “Summer 08”, le bizarre Back Together, c’est qu’au bout de deux ou trois minutes, tout le monde s’avance vers la scène, refermant cet espace honteux créé par les directives stupides du service d’ordre. Nous voilà dans des conditions normales, et ça fait du bien après l’heure d’inconfort que nous venons de vivre. Je suis merveilleusement placé, étant rentré dans les premiers dans la salle, juste devant Joseph, et parfaitement prêt à vivre ce concert, que j’attendais comme le messie, dans des conditions idéales de son – bon, avouons-le, la Philharmonie assure sur ce point – et de vision, sans même parler de l’ambiance festive et bon enfant qui règne…

2017 07 03 Metronomy Philharmonie (51)C'est, sans surprise, la disco rétro du réjouissant Old Skool qui met le feu aux poudres. On est tous là comme des imbéciles heureux, braillant : « Ya, Ya, Ya, Ya, Ya, Ya », et je rigole en regardant un grand échalas à ma droite qui agite les bras dans tous les sens… avant de me rendre compte que je suis en train de faire exactement la même chose ! Le bonheur, c’est simple comme Metronomy. Surtout d’ailleurs quand retentit l’intro de The Bay, qui reste six ans plus tard mon morceau favori de toute la discographie du groupe : tiens ça fait longtemps que je ne me suis pas senti transporté d’allégresse comme ça à un concert !

Une chose qui me frappe aussi, c’est la joie de jouer et d’être ensemble qui se dégage de Joseph et de sa troupe : là encore, à force de voir des groupes qui font la tête ou qui sont sérieux comme des papes, on en arrive à oublier que la musique est avant tout un plaisir, une joie. La complicité entre les musiciens, les petits clins d’œil entre eux, les mimiques, tout cela contribue à un sentiment général de bien-être que le public partage. Joseph décide alors de passer au français pour nous parler, ce qui est chou, même si son français est rudimentaire : il n’en démordra pas jusqu’à la fin du set, ce qui est encore une belle preuve de gentillesse et d’intérêt envers son public. Il nous rappelle d’ailleurs son premier concert à Paris (je n’y étais pas, mais j’étais au second…), et combien Metronomy a toujours été bien reçu ici.

Et puis, c’est Love Letters avec son refrain simpliste que tout le monde peut reprendre en chœur : si dans l’album, le titre peut fatiguer de par son manque de sophistication, il est indéniable que sur scène c’est un vrai “crowd pleaser”. Olugbenga, qui est depuis toujours le musicien le plus spectaculaire du groupe, avec sa démarche bondissante, son grand sourire perpétuel et ses vocaux haut-perchés, nous régale avec sa basse. Hang Me Out to Dry bénéficie – ce soir, exceptionnellement, puisque nous sommes à Paris, nous annonce Joseph – de la présence de la chanteuse suédoise Robyn elle-même, qui a une attitude scénique convaincante mais assez… originale. Puis Joseph empoigne sa guitare, qu’il a largement ignorée jusque-là, pour injecter dans la pop électronique de Metronomy une belle dose de “rock” supplémentaire.

2017 07 03 Metronomy Philharmonie (7)C’est alors que je réalise, que, à la différence des concerts précédents que j’ai vus du groupe, Metronomy se concentre désormais sur les ambiances pop mélancoliques et fragiles des trois derniers albums, et délaisse ses origines rythmées. Moi qui attendais l’habituel délire collectif qui concluait les sets du groupe, je dois dire que je ne peux pas m’empêcher de ressentir une légère déception. Injuste certainement, vis-à-vis d’un groupe aussi novateur et généreux, mais c’est comme ça : je me serais bien vu conclure la soirée par une bonne suée façon dance-floor. A la place, j’ai droit à de magnifiques versions de Corine, Night Owl, The Look et Reservoir : soit quatre chansons parfaites, mais qui terminent le set principal sur une note mélancolique et non pas euphorique comme c’était le cas avant.

Et le rappel restera dans le même ton : cette fois, Joseph est à la batterie, et Love's Not an Obstacle conclut la revue presque intégrale de “Summer 08”. Puis Anna vient au micro chanter un Everything Goes My Way qui finit de nous rappeler la grandeur de “The English Riviera”. Une heure et quart de concert, et c’est fini : une fois encore, je me sens un tantinet frustré par l’absence d’une explosion finale qui aurait magnifiquement conclu un set presque parfait. Mais bon, Metronomy a changé, c’est quand même ce qu’on attend de tout groupe réellement important, et on ne va pas critiquer pour ça des artistes qui font preuve d’une telle gentillesse et d’un tel enthousiasme.

Voici donc une belle semi-conclusion d’une saison 2016-2017 riche en sensations diverses, ouvrant presque deux mois de pause avant de nous retrouver à Rock en Seine fin août.

« Because this isn't Paris

And this isn't London

And it's not Berlin

And it's not Hong Kong

Not Tokyo

If you want to go

I'll take you back one day

It feels so good in the bay »