Le_Jour_d_Apr_s_afficheJe dois avouer une sensibilité particulière au cinéma de Hong Sang-Soo, qui me rend partial quand il s'agit de ses films : pour moi, il représente un point d’équilibre assez parfait entre les bavardages / marivaudages rohmériens (mon péché mignon depuis mon adolescence), la juste contemplation des êtres façon Nouvelle Vague, et la mise en place de dispositifs conceptuels retors pour mieux conter ses histoires et / ou manipuler son spectateur. Et à chaque fois, je me laisse emballer, je ne marche pas, je cours... "Le Jour d'Après", admettons-le d'emblée, est moins plaisant que bien d'autres Hong Sang-Soo, entre un N&B peu esthétique (et guère justifié), une musique rare mais pénible, et un long premier dialogue sur "le réel" par rapport à "la croyance" qui en perdra plus d'un (à la séance où j'étais, plusieurs spectateurs ont alors quitté la salle) : cela vaut néanmoins la peine de s'accrocher, car après une introduction déroutante, le charme de Hong Sang-Soo opère à plein régime, parfaitement relayé, il faut bien l'admettre, par la stupéfiante Kim Min-Hee, qui crève une fois de plus l'écran et suscite en nous un tourbillon de tendresse envers son personnage malmené par la fiction perverse du film. Peinture désolante de la lâcheté masculine, voire même humaine, "le Jour d'Après" amplifie l'efficacité de son scénario impitoyable en déstabilisant régulièrement le spectateur, qui en est réduit à faire des supposition sur la "temporalité" de l'action, tant le comportement de Bongwan, le personnage principal - et peut-être alter ego de Hong -, semble "too much" (quelques rires embarrassés fusent dans la salle...). Bref, "le Jour d'Après" s'avère malaisant, frustrant peut-être si l'on n'accepte pas les jeux de Hong Sang-Soo, mais est, comme toujours chez ce génie du cinéma coréen (je pèse mes mots) empreint d'une sensibilité merveilleuse.