All Nighter afficheOn se lance dans "All Nighter", avec l'espoir d'y trouver une version un peu moins "bas du front" des désormais habituelles pitreries américaines sur les tensions entre gendre et beau-père. La construction de l'intrigue en forme d'enquête sur une disparition, justifiant une visite de la nuit angelena, laisse un temps espérer une chronique moderne de la vie des trentenaires matinée de thriller... Si l'on ajoute au générique l'excellent JK Simmons et un Emile Hirsch qu'on a plaisir à retrouver dans un registre différent, tous les espoirs sont permis, et ce d'autant que l'inconnu Gavin Weasel adopte un rythme mesuré et évite l'accumulation habituelle de grossièretés. Malheureusement, force est d'admettre, et rapidement, qu'il n'y a guère d'idées dans le scénario de "All Nighter", la révélation des raisons de la disparition s'avérant parfaitement lénifiante (tout ça pour ça ?), et l'évolution des deux personnages principaux étant tellement prévisible qu'elle empêche toute adhésion. "All Nighter" a peut-être l'audace (?) de rester en permanence crédible, collé qu'il est à une réalité ordinaire, mais cela le rend ni amusant (le burlesque qui pointe parfois son nez n'advient jamais vraiment) ni particulièrement touchant : l'accumulation de stéréotypes sans conséquences et le sacrifice final d'une possible amertume à un happy end insipide enfoncent les derniers clous dans le cercueil d'un film aussitôt vu, aussitôt oublié.