I Love Dick afficheDepuis l'éblouissement ressenti devant "Transparent", il est peu de dire que le travail de Jill Soloway nous importe et que nous attendions son "I Love Dick" avec impatience. On aura pourtant besoin cette fois de quelques épisodes pour être totalement convaincus, sans doute parce que le monde de l'Art Moderne, même exilé au fin fond du Texas, a quelque chose d'irritant dans son mélange absurde de prétention vaguement condescendante et de vraies ambitions quant à une compréhension du monde. Mais peu à peu, le talent, le génie peut-être de Soloway s'impose par delà les qualités et les défauts très criants de l'oeuvre adaptée (un roman qui a fait du bruit aux US...), et l'enchantement se répète : plus l'on avance dans un récit qui superpose merveilleusement le récit trivial d'une obsession sexuelle hystérique - forcément hilarante - et une description de plus en plus enthousiasmante de la manière dont l'Art nous ouvre au monde et nous permet de résister, plus "I Love Dick" est convaincant. Le dernier épisode, porté par ses trois acteurs incandescents (Kevin Bacon, bon comme jamais auparavant, Griffin Dunne qu'on a plaisir à revoir et surtout Kathryn Hahn qui se met en danger à chaque scène), est une véritable épiphanie, tout en ne renonçant pas à une vision extrêmement réaliste de l'Amour et du sexe. Magique, encore une fois !