The Man in the High castle JaquetteLiquidons tout de suite le débat inutile sur la proximité de cette série avec le chef d’œuvre uchronique de Philip K. Dick, "le Maître du Haut-Château" : bien entendu, aucun rapport, si ce n'est l'utilisation de l'univers paradoxal créé par Dick dans lequel les forces de l'Axe ont gagné la Seconde Guerre Mondiale, et de quelques uns des personnages du livre. Et là n'est pas le problème, les adaptations fidèles de Dick se comptant de toute manière sur les doigts intacts d'une main mutilée.. Le problème de la première saison de ce "Man in the High Castle", production à gros budget de la maison Amazon, c'est qu'elle est à la fois inepte et horriblement soporifique. Inepte car totalement départie d'un scénario cohérent, se contentant d'un enchaînement aberrant de situations ridiculement fausses, et conduite par un trio de personnages aussi mal écrits que mal interprétés par trois jeunes acteurs incompétents et sans aucun charisme. Soporifique car le(s) réalisateur(s), en l'absence de scènes intéressantes ou même simplement signifiantes à filmer, ont reçu des instructions évidentes de filmer les coûteux décors et de faire durer le tout le plus longtemps possible (sans doute une mauvaise interprétation de la part de la production quant aux spécificités du cinéma japonais...). Cette Bérézina s'amplifie d'ailleurs lorsqu'on s'approche de la conclusion de la saison puisque les scénaristes font une erreur fondamentale sur ce que Dick a voulu représenter par son "Poids de la Sauterelle" (lui aussi uchronique), stupidement remplacé par des bandes d'actualité (ce qui désamorce donc et le thème de la création littéraire séditieuse et le vertige de l'empilement des uchronies), et nous gratifient même d'un final risible que l'on croirait tout droit sortie des fantaisies de "Fringe". Bref, une semi-catastrophe, seulement évitée grâce à quelques seconds rôles conséquents. Pas sûr que je continue sur ce chemin de croix.