Alien Covenant afficheRidley Scott doit être le réalisateur le plus ridiculement surestimé de sa génération : passé ses trois premiers films bien troussés (pas forcément les chefs d’œuvre que nombre d'entre nous veulent y voir, mais bon...), sa carrière se réduit, à une exception près ("Gladiator") à une suite de navetons sauvés du mépris qu'ils méritent par des budgets ridiculement élevés et par la prétention d'un réalisateur adorant se vautrer dans la pompe. "Covenant" ne saurait donc constituer une déception pour quiconque est assez lucide pour reconnaître les limites naturelles du cinéma de Scott : sur un scénario inepte qui fait le grand écart entre le récit "mythologique" (grand rire douloureux) de "Prometheus" et le shocker radical que fut le premier "Alien", voici un film qui superpose sans vergogne des couches de grand n'importe quoi grandiloquent et la plupart du temps terriblement plat, voire ridicule (oh, ces couples qui n'arrêtent pas de se déclarer leur amour et leur désespoir !), et qui n'est sauvé au final du naufrage que par l'intensité et le charme du toujours convaincant Michael Fassbender, et par des scènes d'horreur gore qui témoignent au moins d'une certaine énergie. C'est assez pour passer outre l'ennui profond de nombres de passages "techno" et la laideur accablante de la plupart des effets spéciaux, mais certainement pas pour faire de "Covenant" un film le moins du monde acceptable. Il serait sans doute temps que Ridley se range des affaires, et nous épargne d'autres "machins" informes du genre de "Covenant", Alien ou pas Alien...