vedett-tuer-gensOn méprise beaucoup trop souvent et trop facilement le travail - et l'inspiration - de nos artistes et groupes hexagonaux, souvent relégués au rang de copies moins inspirées d'originaux anglo-saxons, pour ne pas parler de notre plaisir de découvrir en live un groupe original à l'occasion d'une première partie qui s'avérera au final plus roborative que l'artiste "principal" de la soirée. Deux mots échangés avec Nerlov à la fin du set, et le CD du groupe (plus exactement du projet solo de Nerlov déguisé en groupe) échangé contre un billet - comme à l'époque où la musique était assez précieuse pour avoir un vrai prix -, m'ont définitivement convaincu que le très beau spleen dégagé par VedeTT en scène n'était pas un accident. "Tuer les Gens" (titre francophone trompeur à plusieurs niveaux) démarre superbement par deux titres ("Fade Away" et "Little Plane") qui conjuguent la déchirure d'un early-Cure avec la sérénité d'une Dream Pop plus contemporaine : des mélodies souverainement insidieuses, une voix très juste et touchante, et nous voilà embarqués sur la VedeTT qui fend les ondes de notre éternelle mélancolie, avec une assurance impressionnante. Tout l'album n'atteint malheureusement pas le même niveau, mais n'est jamais ridicule, ni même anecdotique. Et puis, peu avant la fin, arrive la fameuse chanson "Tuer les Gens", qui a tout du tube imparable - avec un texte néanmoins pour le moins sévère -, évoquant un Daho en plus cruel ou un Darc en plus trivial : c'est très beau, et ça dessine aussi un autre parcours possible pour VedeTT... avant que l'album se referme sur sa poésie grise originelle. Bref, voici un groupe, pardon un artiste qu'on suivra avec attention dans l'avenir.