Death_Note_Light_Up_The_New_World afficheRappelons-nous un instant du bonheur, de l'excitation que nous avions ressenti devant l'intelligence brillante des premiers chapitres de "Death Note" - le manga, et avouons qu'on se lance dans le visionnage improbable de ce nième film de la franchise, se passant 10 ans après la conclusion du duel titanesque entre Light et L., avec l'espoir de retrouver, même quelques minutes seulement, la fulgurance de ces jeux mentaux et la pertinence des questions éthiques qu'ils engendraient. Évidemment, il ne reste plus malheureusement à ce stade de l'exploitation de la formule "Death Note" que le ressassement des mêmes scènes, des mêmes interrogations, dans une fastidieuse accumulation de retournements de situation et de coups de théâtre sans queue ni tête. Rien ne tient vraiment debout dans cette histoire de retour des mêmes - virtuellement ou à travers leur progéniture et / ou leur disciples -, sans qu'aucune idée nouvelle ne soit venue s'ajouter aux principes originels définis naguère par Tsugumi Oba. Des acteurs sans charisme ni talent, et une mise en scène clinquante qui répète et épuise les mêmes poncifs finissent par enterrer le film. S'il fallait trouver deux raisons qui justifieraient quand même de perdre deux heures de sa vie devant ce film, ce serait l'originalité esthétique des personnages des Dieux de la Mort, amateurs de fruits et prompts à tomber sous le charme de cette humanité qu'ils manipulent, et surtout l'intéressant parti pris qui veut ici qu'il soit plus rapide d'écrire un nom sur un cahier que de décharger une arme automatique sur son adversaire : accordons à Shinsuke Sato le bénéfice du doute, et imaginons un instant qu'il ait voulu célébrer ici le triomphe de la culture sur la violence. On se console comme on peut...