twin-peaks-coffeeNous étions dans l'erreur, abusés par l'annonce de l'interruption de "Twin Peaks" et par notre propre désolation : le 29ème épisode - et le nouveau tour de force de Lynch qui nous vrillait le cerveau en 45 minutes démentielles - était une parfaite conclusion au trip halluciné de la série. Une fois les vierges dépucelées, les comptes entre reptiles corrompus réglés dans une explosion, une fois la paternité décidée et reconnue, une fois tranchés tous les fils de cette fiction aberrante qui - dans l'une de ces percées géniales qui redéfinissent une forme artistique pour les 30 ans à venir - serait le modèle absolu de la télévision du début du XXIème siècle... il ne nous restait plus qu'à errer à jamais dans le ruban de Moebius d'un cabaret de velours rouge, gagnés à notre tour par la folie furieuse qui nous pousse à nous entre-dévorer. Car Lynch nous le dit, et nous le montre même dans la conclusion parfaite de la seconde saison de "Twin Peaks" : il n'y a ni extra-terrestres malveillants, ni complots ésotériques (Black Lodge ou White Lodge, foutaises pour le grand public avide de mystères à deux balles), ni évidemment Dieu tout-puissant. Il n'y a que l'horreur ricanante et infinie du Mal qui est en nous.