2Ayant atteint, avec son "Quand t'es dans le désert" destiné à tailler un costard gratuit au duo infernal Giscard (le piètre accordéoniste) - Barre (le gros clown sinistre), un niveau de popularité improbable (et qui lui échappera à tout jamais par la suite), le rebelle des Prisunic (une enseigne disparue depuis, mais qui proposait à cette époque un vaste bazar pas cher) qu'était JPC l'énervé décidait de frapper vite et fort avec ce "2" qui avait vocation de remettre un tour d'écrou aux "protest songs" gouailleuses de son premier album... en en corrigeant le principal défaut, soit une production famélique qui rendait les écoutes répétées physiquement lassantes. Cette fois, Capdevielle nous offre un disque "tout confort", avec choeurs féminins et cuivres, et donc un plaisir d'écoute nouveau qui pourra détourner un instant l'attention du problème majeur de l'album : c'est globalement la même chose que le premier, en plus noir, en plus plombant, en moins "commercial" donc. Oh, les grandes chansons ne manquent pas ("C'est dur d'être un héros", qui aurait plus mérité le succès que le "... Désert", le magnifique "Barcelone" ou la poignante descente aux enfers finale de "Gâche pas ta Nuit"...), et la verve baroque du batteleur de foire halluciné qu'est Capdevielle est toujours aussi saisissante... mais on sent déjà les limites du genre. On pressent que Capdevielle sera l'homme d'un seul triomphe, et ce d'autant que la critique tombe à bras raccourcis sur un chanteur qui vaut pourtant bien mieux que pas mal de "rockers français" (snif) de l'époque. Personnellement, toujours au volant de ma 4L, toujours sur les pistes sahariennes (voir l'épisode précédent...), cet album me ravit : plus mûr, plus personnel, moins "variét'", et même un petit peu détaché des citations springsteeniennes qui plombaient son prédécesseur, "2" me paraît un disque qui "tient la route". Je le vois bien d'ailleurs en anticipation de mes futurs amours, moi qui n'ai pas encore beaucoup plus de 20 ans. Je ne sais pas qu'il prévoit surtout les futures déroutes. En 1980, Capdevielle et moi, on sourit encore au futur, sans se douter le moins du monde des désillusions qui se profilent. "Tu prétends qu' j'arriverai bien avant toi / A l'hôtel de la déroute / Moi j'sais pas très bien c'que ça pourra foutre / D'toujours payer l'prix qu'ça coûte". Un avertissement sans frais, pourtant...