La Dame dans l'Auto AfficheGodard l'avait dit, faire des films, c'est quand même avant tout pour séduire les filles qu'on fait jouer dedans. Je ne sais pas si l'ami Joann Sfar a réussi à "choper", comme disent les plus jeunes d'entre nous, mais nul ne peut nier que sa caméra ne se lasse jamais de caresser Freya Mavor, d'exhiber son corps, ses jambes, ses yeux, sa bouche à chaque plan de "la Dame dans l'Auto..", et qu'il faudrait être bien pisse-froid pour ne pas applaudir à cette mise en scène parfaite d'une "attraction fatale". Après, nombreux sont ceux qui se sont plaints que Sfar - auteur de BD plus que respectable, rappelons-le - n'ait pas fait un film "lynchien" aussi impressionnant que ceux de David Lynch, se soit trop amusé visiblement à recréer la fin des sixties, couleurs, ambiance et musiques comprises, et ait au final pris des risques démesurés à entremêler flashbacks, visions, flash forwards pour complexifier encore l'intrigue capillotractée d'un roman généralement jugé inadaptable (même si c'est quand même la seconde fois qu'on s'y risque, après la version d'Anatole Litvak en 1970) de Sébatien Japrisot, écrivain et scénariste de polars à la réputation flatteuse. Paradoxalement, même si on se passerait volontiers de la tentative lourdaude d'explication rationnelle qui arrive à la fin, et qu'on aimerait plus une version totalement non-sensique et paranoïaque du scénario, j'ai du mal à comprendre ce rejet frileux d'un cinéma aussi ludique, aussi pétillant, peut-être en effet plus au diapason des recherches formelles de la BD que des histoires "bien bouclées" qui attirent les spectateurs dans les salles. Personnellement, j'ai aimé jouer avec Joann Sfar, et je le suivrai bien volontiers dans ses prochaines tentatives cinématographiques !