Detective Dee II Affiche

Après la petite déception qu'a été le premier volet des aventures du Détective Dee, "La Légende du Dragon des Mers" est à même de rasséréner le vieux fan de Tsui Hark : nous voilà de retour au "coeur du métier" de notre cher Chinois fou, ce qui crée un film aussi segmentant que le furent à leur époque les classiques de l'Âge d'Or du cinéma de Hong Kong. Bref, un film que l'on haïra profondément - pour son incohérence narrative élevée au rang d'art, pour le foutage de gueule que serait la psychologie des personnages, pour le délire complet que représente la moindre scène d'action - ou que l'on chérira tendrement... si sans doute l'on a gardé une âme d'enfant, capable de s'émerveiller devant des combats de guerriers virevoltants contre des monstres terrifiants ! Bon, reconnaissons qu'il faut d'entrée un peu de temps pour accepter une image à 90% digitale d'où sera banni tout réalisme, délibérément sacrifié au profit d'un spectaculaire outrancier... et franchement réjouissant. Une bonne part des spectateurs quitteront probablement le bateau de Tsui Hark avant même que la flotte de l'empereur soit dévastée par le fameux dragon des mers ! Ceux qui resteront auront décidé de jouer le jeu avec Tsui Hark, le jeu de la croyance aveugle en la magie du Cinéma, en l'habileté démentielle d'un réalisateur capable de montrer l'impensable, l'inimaginable, l'immontrable, justement. Cette foi en un cinéma total, ignorant toutes les règles, cherchant à n'importe quel prix l'image inédite, incroyable, qui ouvrira de nouvelles portes de notre imagination, s'avère rapidement follement jouissive : chez Tsui Hark, on est en fait chez un descendant de Méliès, chez un cinéaste qui n'envisage le cinéma que comme l'Art du Merveilleux, et qui fera tout pour rallumer cette étincelle qui était dans nos yeux quand nous étions encore enfants. Il faut admettre que "Detective Dee II" n'arrive pas à maintenir cette magie tout au long des deux heures intenses qu'il dure, mais ne vaut-il pas mieux quinze minutes qui vous scotcheront à votre siège que deux heures trop raisonnables comme vous proposent chaque jour tant de réalisateurs talentueux ?