Detective Dee Affiche

"Détective Dee" est un film de Tsui Hark. Et il nous offre donc tout ce que 90% des productions Tsui Hark nous ont offert depuis des décennies : du wu xia pian avec des combattants défiant toutes les lois de la pesanteur, des intrigues incompréhensibles, des effets spéciaux ébouriffants mais quand même un peu dégueulasses, des personnages caricaturaux mais sympathiques, et un rythme épuisant... Ah non, pas de rythme épuisant cette fois ! Comme si Tsui Hark s'était occidentalisé, avait abandonné son incroyable hystérie pour rentrer sagement dans le moule du blockbuster international, domaine dans lequel la Chine souhaite visiblement concourir rapidement. D'où la déception inévitable pour tout fan du cinéaste fou qu'est (qu'était ?) Tsui Hark - pour moi, ça date quand même des années 90... Et d'où l'aspect plus "beginner-friendly" de ce "Détective Dee", qui aura été en effet assez bien reçu par les cohortes de journalistes ignares quant à l'art perdu du film d'action / film d'arts martiaux / film fantastique tel qu'une poignée de génies l'inventèrent à Hong Kong voici plus de 30 ans. Autre sujet de mécontentement, l'aspect politique du film, inhabituel mais déplaisant. Si l'on pense un temps qu'il s'agit ici de défendre la place de la femme dans le système politique chinois, on se rend compte au final que Hark reprend le même refrain que Zhang Yimou dans son "Hero" : les leaders établis (légitimes) sont peut-être pourris et critiquables, mais la Chine ne saurait prendre le risque de les remplacer, et doit se soumettre. Soit un message clairement dicté par le pouvoir communiste, et qu'on a du mal à gober sans faire la grimace. Et qui achève de gâcher ce film décevant.

PS : Oui, il y a le génial Andy Lau, et aussi le mémorable Tony Leung Kar Fai, et les revoir tous les deux justifie partiellement le visionnage de ce film !