Victoria affiche

Il y a quelques très belles choses dans "Victoria" à commencer par Virginie Efira, convaincante en diable dans un rôle finalement assez complexe de "femme moderne" à la fois "successful" (parlons anglais pour ne pas choquer les enfants !) et complètement noyée par le chaos croissant des interférences entre vie intime et vie professionnelle. Ce qu'elle fait dans "Victoria" est remarquable de sincérité, de justesse, c'est même assez novateur, au moins dans le cadre usé de la comedie romantique, genre dans lequel s'inscrit malgré tout le film de Justine Triet. Sinon, il faut bien reconnaître que "Victoria" est loin de la réussite qu'on voudrait qu'il soit : l'ambiguïté permanente des situations, l'équilibre instable - voire disgracieux parfois - entre comédie légère et drame, la profusion mal maîtrisée d'intrigues non conclues et de personnages sommairement "exécutés", font qu'il est très difficile d'entrer dans le film, de ressentir quoi que ce soit vis à vis de situations finalement excessivement conceptuelles. Si l'on sourit souvent, si l'on rit parfois, c'est presque par négligence, voire par politesse vis à vis du "travail" soigné de Triet et son équipe, travail que l'on voit par trop à l'écran : on ne croit jamais à toute cette accumulation (pensez par exemple à l'impasse assez honteuse du traitement des enfants et de la maternité, sorte de point aveugle de "Victoria" !), et l'on se résigne finalement à l'immobilisme frénétique qui caractérise les trajectoires du film. La vie est décidément ailleurs.