Sully affiche

Soyons francs, cela fait un moment que l'on sait que l'immense Eastwood, proche désormais du gâtisme, ne nous donnera plus de chefs d'oeuvre du niveau de "Impitoyable", "Mystic River" ou "... Madison",... même si son "American Sniper" impressionnait encore. "Sully" n'est ni un bon ni un mauvais film, à la limite on pourrait dire qu'il n'a pas grand chose à voir avec le Cinéma : il n'est que le récit - sans enjeux, puisque l'on sait bien ce qu'il est advenu, mais également sans "regard" aucun, ce qui est le minimum qu'on attend d'un metteur en scène - d'un fait divers extraordinaire. Court, mais encore beaucoup trop long, "Sully" arrive à nous ennuyer - poliment, certes - en enchaînant des scènes à la vacuité terrible, où les acteurs à la dérive tentent tant bien que mal de justifier leur présence et leur cachet : voir ainsi un Tom Hanks en pleine perdition fait quand même mal ! Pourtant, pourtant, quiconque prend régulièrement l'avion ne pourra s'empêcher de verser une larme devant la reconstitution fort réussie de l'atterrissage (hein ?) sur l'Hudson : c'est purement pavlovien, en fait, on est juste en train imaginer qu'un pilote comme Sully nous sauvera aussi calmement la vie la prochaine fois que l'avion dans lequel nous aurons commis l'erreur de monter se retrouvera avec ses deux réacteurs en rade... La grande scène finale des "flight simulations" fonctionne également bien, dans une logique "film de procès" dont on connaît l'efficacité, mais Eastwood, décidément sénile, clôt son "machin" par une petite déclaration patriotique dont on se serait évidemment bien passé : au final, ce que cette histoire hallucinante célèbre, c'est plutôt l'indiscutable efficacité professionnelle et la compétence des états-uniens... Impossible toutefois de vraiment se plaindre : on a fini par marcher, voire même courir, devant les vieux ressorts du spectacle héroïque ! Mais on sort de là en se disant que, maintenant, on aimerait bien voir un film. Un vrai.