Lolo affiche

La comédie française va mal : ce n'est pas nouveau, d'ailleurs a-t-elle jamais été bien, quand on pense qu'aujourd'hui, on réécrit notre histoire en prétendant que Louis de Funès était une sorte de génie...? "Lolo" ne sera donc pas une exception au milieu d'un paysage sinistré, malgré les ambitions louables de Julie Delpy de réaliser un film quelque part entre grosse farce populaire (la caution Dany Boon ?) et le cinéma US "indie" qu'elle fréquente. Soyons clair, il y a deux vraies bonnes idées dans "Lolo" : faire du personnage de l'ado en plein œdipe un véritable psychopathe et aller jusqu'au bout des excès qui en découlent, et puis confier le rôle à un Vincent Lacoste qu'on n'avait encore jamais vu aussi bon (à la fois inquiétant, déviant, sympathique et drôle, un vrai défi, brillamment relevé). Pour le reste, c'est l'habituelle bérézina : un scénario pas trop bien construit, en particulier quant il s'agit de conclure, des acteurs un peu perdus (soit le personnage de Danny Boon était mal écrit, soit il n'a pas compris quoi en faire et comment l'interpréter...), et un recours à la vulgarité la plus banale (terrible de demander à Karin Viard d'être aussi ordinaire !) et finalement déplacée par rapport au sujet et au ton du film (non, on n'est pas chez les post adolescents d'Apatow, ce n'est pas du tout de cela dont on parle ici !). Même si au final, grâce à Lacoste, on n'a pas eu l'impression de perdre complètement son temps, "Lolo" est une déception de plus.