Le Bureau des legendes saison 2 jaquetteAprès un démarrage qui ne m'avait séduit qu'à moitié, voici qu'Eric Rochant frappe un grand coup avec une seconde saison impeccable de son "Bureau des Légendes". Sans rien sacrifier de l'intelligence et de la subtilité de ses constructions scénaristiques paranoïaques et pourtant effroyablement réalistes, Rochant rectifie les deux principales faiblesses de sa série (le jeu ampoulé de Kassovitz et l'invraisemblance de sa trahison "par amour") et cela de manière magistrale : il en fait tout simplement le sujet de cette deuxième saison, où Malotru est dépeint comme une sorte de grand malade, tragiquement perdu, oscilllant entre un manipulateur abject et un "maître espion" digne de Le Carré (plus ou moins explicitement cité à travers la référence à la Guerre Froide). Cette impensable déloyauté qui laisse Dufflot incrédule et abattu prend alors des accents de tragédie absolue, et ajoute une profondeur, une douleur inédites aux jeux d'espions qui se complexifient pour notre plus grand bonheur : un peu comme chez Le Carré également, le résultat final de toute cette "intelligence" et toute cette énergie dépensée est absurdement proche de zéro, ce qui confère à cette saison du "Bureau des Légendes" une grandeur nihiliste inespérée. Ajoutons à ces éloges la pertinence géo-politique de ses sujets (le nucléaire iranien, l'EI), regrettons marginalement le recours à des invraisemblances occasionnelles pour sauver ses personnages d'une mort certaine (le pire étant le tremblement de terre lors de l'évasion de Phénomène...), et célébrons la meilleure série d'espionnage jamais réalisée, toutes nationalités confondues !