les cafards

Second livre de Nesbø pour moi, second volume de la saga Harry Høle, et déjà une petite déception par rapport à "l'Homme Chauve-Souris" : si l'on retrouve avec grand plaisir l'écriture vigoureuse de Nesbø, l'humour sec et le profil atypique (... enfin, pas tant que ça, le flic déglingué et obsessionnel est quand même devenu un must du polar scandinave, me semble-t-il...) de l'Inspecteur Harry (ha ha ha), ainsi que la découverte des bas fonds d'un autre pays exotique - la Thaïlande après l'Australie, pourquoi pas ? La pédophilie avérée des Scandinaves mêlée à la corruption endémique des Thaïs est un bon contexte pour un polar... -, il n'y a plus ici le sentiment de fraîcheur, de nouveauté qui illuminait le premier roman de la série. On est même au contraire en plein mécanisme ultra-classique du polar contemporain (ou éternel?), entre intrigue trompeuse, personnages malsains, tueur sadique nous offrant notre portion congrue de violence brutale, et dissémination subtile des indices révélateurs au long du livre jusqu'à une révélation finale qui n'en est pas complètement une heureusement (le fait que l'on puisse avoir deviné l'identité du coupable me semble plutôt un gage de vraisemblance, on évite ainsi le coup du "twist final" qui commence à être vraiment usé...). On notera que le peu d'originalité des "Cafards" se niche plutôt dans la complexité des montages "financiers" au cœur de l'intrigue - sans doute une conséquence de l'éducation de Nesbø - plutôt que d'une quelconque tentative de dépasser les clichés habituels sur Bangkok (le sexe, la chaleur, les codes de comportement), ce qui est un peu dommage, Nesbø passant à côté de l'occasion de nous faire une autre visite en profondeur de l'histoire du pays, comme il l'avait fait avec l'Australie. On ne niera pas par contre que la lecture des "Cafards" est très addictive, et donc que, sur ce point au moins, le contrat avec le lecteur est parfaitement rempli.