L Homme Chauve Souris

"L'Homme Chauve-souris" commence par près de 200 pages formidables, durant lesquelles nous accompagnons, avec un indéniable sentiment de vacances sous le soleil australien, l'Inspecteur Harry Hole dans sa découverte de la culture et des paysages de ce grand pays. Et le plaisir du lecteur est total : avec un style vigoureux et pas mal d'humour, Nesbø accumule anecdotes drôlatiques et faits historiques, réussissant à nous passionner et nous divertir. On se dit qu'on n'est effectivement pas dans un polar scandinave commun - et ce d'autant que les couleurs vives ont remplacé la grisaille bleuâtre habituelle du genre -, jusqu'à un basculement brutal et saisissant (on n'en est alors qu'au milieu de "l'Homme Chauve-souris") vers le thriller sanglant. L'intelligence de Nesbø est de nous faire reconsiderer tout ce que nous avions lu jusqu'alors d'un autre oeil, et c'est un tour de force assez bluffant. Malheureusement, la dernière partie du livre, certes toujours bien troussée, ronronne un peu en arpentant les terrains balisés du genre : déchéance alcoolisée du flic, poursuite finale du serial killer, etc. On déchante un peu... Mais on n'oubliera pas les douces sensations offertes par la première moitié du livre...