Masquerouge T1

Lire "Masquerouge" après la magnifique saga des "7 vies de l'épervier" est évidemment se condamner à la déception (un peu comme lire, toutes proportion gardée "Bilbo le Hobbit" après "le Seigneur des Anneaux"...). Le format de mini histoires en 10 pages - exigé à l'époque par Pif Gadget où ces histoires furent publiées - empêche tout développement "sérieux" du contexte historique (le règne de l'encore jeune Louis XIII et la puissance du Cardinal de Richelieu, soit une époque fascinante et pas si connue que cela, en fait, malgré "les Trois Mousquetaires" etDumas, une référence qui s'impose évidemment), des intrigues comme des personnages, qui restent relativement opaques dans ce premier tome de compilation. On pourra néanmoins trouver surprenant le fait que Cothias ne laisse rapidement aucun doute sur l'identité de Masquerouge, dégonflant de lui-même le mystère de la résurrection du "héros du peuple" : un choix incohérent par rapport au format court et "feuilletonnant", puisque pour se justifier il aurait fallu pouvoir entrer plus profondément dans la psychologie et l'histoire des personnages. On notera aussi que le dessin d'un Juillard débutant est - logiquement - encore très loin de la beauté formelle qu'il atteindra quelques années plus tard. Reste que, objectivement, le plaisir pris "au premier degré" devant ces mini-aventures picaresques reste indiscutable.