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Dans cette cinquième saison qui fait (forcément) débat, on peut dire que le meilleur côtoie le pire. Le pire, c'est que le côté "24 Heures Chrono" - invraisemblances et droitisation du discours politique (voir la condamnation sans équivoque des lanceurs d'alerte, à travers le personnage odieux de la journaliste américaine) - devient criant, faisant perdre à "Homeland" un peu de sa crédibilité durement gagnée au fil des saisons précédentes. Mais le meilleur, c'est la pertinence et l'actualité des thèmes explorés : la guerre en Syrie et le jeu trouble des Russes soutenant le gouvernement en place, l'afflux de réfugiés ouvrant des brèches dans les systèmes de sécurité européens, et surtout la menace d'attentats au coeur des villes européennes (les attentats de Paris sont nommément cités). Et c'est quand même formidablement respectable de savoir créer des fictions intelligentes en prise directe avec notre réalité, et qui nous paraissent du coup d'autant plus excitantes. Sinon, même si notre niveau d'addiction à "Homeland" continue plus haut que jamais, l'honnêteté nous oblige - comme à chaque saison - à déplorer le jeu "limite" de Claire Danes, et le déficit de mise en scène, très visible à une époque où les meilleures "nouvelles" séries s'ingénient à rivaliser avec le cinéma sur ce point.