L Hermine afficheEn découvrant cette "Hermine" dont je n'attendais strictement rien, puis en tombant petit à petit sous le charme de cette histoire formidablement subtile (double histoire en fait), intelligemment contée en évitant tous les coups d'éclat et les effets de manche du "film de procès" standard (j'ai même un moment pensé à "Autopsie d'un Meurtre" de Preminger, c'est dire...), mais aussi toutes les avenues fleuries de la rom com, je me suis souvenu d'un coup combien Christian Vincent nous avait enchanté à ses débuts avec "la Discrète", avant de peu à peu perdre notre attention (à tort ?) avec des films qui n'ont guère laissé de traces dans nos mémoires. Ici, tout est juste, et en premier lieu ce procès d'assises d'un infanticide ignoble, dont on vient peu à peu, comme les jurés et comme le Président de la Cour d'Assises, à douter. Et puis, si l'on peut se sentir un temps presque frustré de voir la belle histoire d'amour qui renaît entre le juge et la médecin passer presque au second plan, on se rend compte lors de la superbe dernière scène que Christian Vincent nous a dit absolument tout ce qu'il y avait à dire, nous a montré tout ce qu'il fallait montrer. Il faut finalement ajouter que Luchini, tout en concision, en "discrétion", bien loin de son habituel histrionisme fatigant, a rarement été aussi bon, aussi humain, aussi touchant : encore un petit miracle à verser au crédit de Christian Vincent !