Les 8 salopards afficheVoilà, ça devait arriver un jour, mais on est quand même désolés pour le coup : Tarantino a réalisé un film médiocre. Pas un mauvais film, bien sûr, parce que Tarantino sait bien évidemment toujours filmer avec grâce et intelligence, et parce qu'il a confié le rôle principal et le souffle de son film à Samuel L. Jackson, et la B.O. (nouveauté !) à Morricone. Sinon, c'est la cata : un format super-scope dont il ne fait rien, des dialogues continuels sans grandes étincelles, des acteurs en roue libre (Roth est encore plus cabotin que d'habitude, mais l'ensemble du casting peine régulièrement à convaincre), un scénario laborieux, qui tiendrait sur un timbre-poste, en forme de Cluedo pourtant interminable (parler ici d'Agatha Christie revient à insulter la mémoire de la grande dame...), une accumulation d'auto-références complaisantes comme si Tarantino ne faisait plus désormais que se contempler le nombril, des scènes gore qui s'accumulent et n'arrivent même plus à nous faire sourire... Le pire reste néanmoins le machisme, voire la beauferie générale du film, surprenante quand même de la part d'un réalisateur connu pour son admiration pour la gente féminine ! Finalement, la seule vraie qualité de ces "8 Salopards", c'est la petite leçon sur l'histoire américaine qu'il nous donne, et qui, elle, est passionnante.