Tu n auras pas d autre dieuLe "Chat du Rabbin" nous avait manqué. Pas Sfar, hyper actif, omniprésent. Ou alors le Sfar du "Chat du Rabbin" : plus simple, plus drôle, plus profond, plus essentiel, paradoxalement, dans son œuvre la plus populaire. Excessivement réussi même s'il reprend les chemins balisés des 5 tomes précédents, "Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi" passionne et bouleverse à la fois, parce qu'il parle d'amour avec une justesse rare. D'amour, de trahison, d'abandon, de résignation, de consolation. De changement et d'immuabilité. Du temps qui passe pour les hommes. Et pour les chats, à une vitesse différente. Au milieu de ce conte amoureux qui pourrait faire partie des Contes Moraux d'un Rohmer (se croire abandonné, aller voir ailleurs comment on y pratique l'amour et le mensonge, et revenir dire les mots qu'il faut - "chaque instant sans toi est trop long..."), quelques pages de discussions sur le rôle et l'utilité de la prière quand on ne croit pas en Dieu : des pages fines, légères, amusantes même, qui en disent un peu sur les moments de désarroi de l'auteur (un décès, une séparation, et puis le chaos du monde et des religions, puisqu'on sait que la parole de Sfar a été audible pendant les événements de 2015). Du coup, on referme ce beau livre (Sfar s'est appliqué, c'est visible) avec la larme à l’œil. Et aussi plus sage. BRAVO !