Spy AfficheLa sympathie que l'on éprouve pour la réjouissante Melissa McCarthy - son énergie dévastatrice, son surpoids qui la singularise joliment, son usage bien senti de la vulgarité - permet indiscutablement de supporter les films moyens dans lesquelles elle est employée, films qui confirment à chaque fois la faiblesse actuelle de la comédie US. Paul Feig nous livre avec ce "Spy" un drôle d'objet, qui hésite entre parodie et véritable film d'espionnage classique "à la James Bond", et cette hésitation est à la fois l'un des intérêts de "Spy", objet inusité, et sa limite, puisque, au final, on ne rit pas beaucoup, on se laisse plutôt bercer par l'enchaînement incessant des rebondissements improbables et de scènes d'action irréelles caractéristiques de ce genre de film. La mise en scène de Feig se révèle en fait plus au service de l'action que du rythme des gags, ce qui fait que l'abattage de Melissa McCarthy tombe régulièrement à plat. Ce sera sans doute de Jason Statham qu'on se souviendra le plus, tant il compose avec enthousiasme un personnage savoureux d'espion fat et abruti. Depuis son apparition mémorable dans "Snatch", il n'avait pas été aussi drôle, et on aimerait le voir plus souvent dans ce genre de rôles.