21 Nuits affiche"21 Nuits avec Pattie" marque le retour des frères Larrieu au style de cinéma qu'on aimait tant quand ils ont débuté : une célébration sans remords ni regrets de ce que la vie a de plus enivrant, de plus gai. La "ré-initiation" aux plaisirs charnels d'une jeune femme coincée (Isabelle Carré, très touchante), d'abord à travers les mots de la fameuse Pattie (Karin Viard, enthousiasmante dans ses confidences délurées !), puis grâce au désir débridé d"une bande de mâles assez improbable (la palme revenant au priapisme de l'éternellement renversant Denis Lavant !), est un thème a priori rebattu, mais les frères Larrieu réussissent à en rendre chaque étape (ou presque...) surprenante et surtout follement amusante. La sympathie que "21 Nuits avec Pattie" manifeste envers la nécrophilie - immense Dussollier en JMG Le Clézio (ou pas ?) - montre également que le désir de "choquer le bourgeois" reste toujours vif chez les Larrieu, même au sein d'une peinture assez consensuelle de l'harmonie naturelle avec les paysages magnifiques des montagnes de l'Aude, et c'est tant mieux. Mais là où les Larrieu nous perdent, malheureusement, c'est dans leurs tentatives de créer des ambiances fantastiques délétères, à la manière d'un Weerasethakul, entre fantômes familiers et bêtes surnaturelles dans la forêt : d'un seul coup, leur cinéma, si juste, si épatant jusque là, se met à sonner terriblement faux, et l'on décroche - non sans une certaine amertume - d'un film qui était pourtant parti pour être un mini chef d’œuvre bucolique, une sorte de Conte d'été romehrien graveleux, et c'est vraiment dommage… Il nous restera quand même cet étonnement devant les chroniques lumineuses des parties de fesse de Pattie, et ces instants de bonheur fugaces mais forts devant la frémissement éblouissant de la nature sous le soleil. Et ça, ce n'est pas rien !