Les Aigles T9Dans la stricte continuation du tome précédent ("la Marque de Nolwenn"), Kraehn et Pierret nous proposent cet "Otage", qui nous laissera avec les mêmes sentiments mitigés : un dessin qui s'améliore progressivement sans être particulièrement brillant - de nombreuses maladresses dans la représentation des personnages gâchent le travail plutôt bien fait au niveau des décors -, mais surtout ce scénario répétitif dans sa succession d'épisodes assez semblables, qui ne réussit pas à tirer parti de l'ambiguïté pourtant prometteuse des personnages. L'exemple le plus frappant de cette "impuissance" créatrice est évidemment Nolwenn, qui devrait être fascinante, mais qui reste, malgré les épreuves dans lesquelles la plonge le récit, totalement uni-dimensionnelle. Ajoutons dans ce tome des commentaires particulièrement mal venus sur la troupe de brigands, traitée avec un mépris indescriptible par les auteurs : nulle œuvre d'art, aussi mineure soit elle, ne gagne jamais rien à surplomber ainsi ses personnages, à les noyer dans le mépris et l'abjection. C'est une règle basique que Kraehn semble pourtant ignorer, et qui rend certains passages de "l'Otage" répugnants.