Les Aigles T7Il semble que Pierret ait pris la mesure du désastre formel qu'avait été "Alix", et décidé de réorienter son graphisme vers plus de réalisme, pour retrouver l'esprit des tous premiers tomes des "Aigles Décapitées" : on évite du coup la laideur qui caractérisait les tomes les plus récents, même si on est loin de la beauté et de la force qu'on serait en droit d'attendre à la fin du XXè siècle d'une série "historique" réellement professionnelle (ma référence personnelle restant le travail sublime d'un Hermann dans les "Tours de Bois Maury" par exemple). Du côté du scénario, Kraehn se remue un peu les méninges avec ces allers et retours et ces échanges de position de force et de faiblesse incessants entre tous ses personnages, si caractéristiques de la série, mais une fois de plus, la résolution semble bâclée, trop facile par rapport à la situation construite au cours des tomes 6 et 7. On peut aussi regretter l'abandon du contexte historique fouillé, qui était l'un des rares points forts des "Aigles Décapitées" : on a l'impression d'être ici dans un Moyen Age de pure convention, et les clichés qui abondent (le méchant si laid qui est un tueur de chats, n'en jetez plus !) n'aident pas à crédibiliser "la Prisonnière du Donjon".