The Visit AfficheNul ne désire plus que moi le "rétablissement" artistique de M Night Shyamalan, un réalisateur que j'ai défendu bec et ongles à chacun de ses films jusqu'à "Phénomènes" (oui, même celui-là, je trouve qu'il offre des perspectives réelles et qu'il vaut la peine d'être "analysé", c'est dire ma passion pour le cinéma du petit maître de Philadelphie !), et qui m'a, comme toit le monde, accablé avec "Airbender" et "After Earth". Ce ne sera malheureusement pas avec "The Visit", minuscule film indie, financé par Shyamalan lui-même et animé par d'excellents acteurs inconnus, que cette réhabilitation arrivera, malgré l'enthousiasme exagéré de certains fans. Car, si on retrouve dans "The Visit" l'intelligence supérieure de la mise en scène qu'on aime chez Shyamalan, et son goût - caricatural et caricaturé - pour les "twists", ces qualités sont mis au service d'un projet très discutable : on admet facilement l'idée d'un autre "found footage film" (bâillements) de terreur, d'autant que Shyamalan délègue habilement la mise en scène à ses protagonistes, ce qui améliore et le résultat et la logique interne du récit (le film étant "monté"), mais que le moteur de l'horreur soit l'aversion qu'inspire le vieillissement de corps et la dégénérescence de l'esprit - jusqu'à l'idée, odieuse, des couches souillées, ou celle, toute aussi dégueulasse, de la nudité des grands parents "offensant" le regard des "jeunes" -, voilà qui rabaisse immédiatement le film au niveau le plus bas d'un "exploitation movie". Oh, on voit bien que Shyamalan a senti le danger, et qu'il essaie de désamorcer ça à travers des réflexions sucrées et larmoyantes sur l'amour familial (donné et refusé), mais la révélation finale de l'altérité de l'horreur (ouf ! Ce n'est pas ma famille qui est "comme ça") enfonce le clou le plus réactionnaire qui soit, celui du rejet - et de la destruction - de ce qui n'est pas "normal". Accablant !