Murat-TobogganUn album de Murat encore plus calme, posé, intime que les autres ? Est-ce possible ? Mieux, est-ce réellement nécessaire, quand on pense que la seule réserve que l'on pourrait faire sur l’œuvre du barde auvergnat paradoxal, c'est son refus de l'intensité ? Du coup, "Toboggan" prend son temps avant de nous conquérir : les premières écoutes semblent n'apporter rien de nouveau à l'univers bien circonscrit de Jean-Louis Bergheaud, entre ballades bucoliques (beaucoup de cris d'animaux viennent envahir les chansons) et tendresse amoureuse, tandis que les mélodies sont moins accrocheuses que celles des "grands" albums des précédentes décennies. Et puis, peu à peu, s'impose ce sentiment étrange de "l'intime", comme si ce disque avait été écrit, composé et interprété par un Murat solitaire pour VOUS et vous seul. La complicité est totale, l'attention portée à l'autre enrichit chaque chanson de nuances que l'on imagine être le seul à percevoir, bref "Toboggan" devient l'un de ces disques de chevet que l'on garde pour soi, pour ces petits matins blêmes où la ville oppresse trop et l'on se plaît à rêver d'une échappée vers un ailleurs plus paisible. Merci, Jean-Louis, du fond du cœur !