Panic RoomSoyons objectif, ce "Panic Room" largement décrié par les hordes de fans de David Fincher, dont je suis, mais seulement depuis peu, n'est rien d'autre qu'un petit thriller angoissant mais assez vain, malgré les astuces formelles - on pense beaucoup à Hitchcock, que Fincher cite tout en réactualisant ses "trucs" à force d'effets digitaux - et l'interprétation (comme - trop ? - souvent) intense de Jodie Foster. Fincher démontrait ici - mais n'était-ce pas le but de ce film de commande "modeste" par rapport au travail précédent de Fincher ? - son "grand professionnalisme" : capable de réaliser un film assez haletant à partir d'un synopsis d'une pauvreté cruelle, Fincher prouvait aussi qu'il n'était pas (encore) capable de théoriser - à la différence d'Hitchcock donc - sa mise en scène par rapport à son récit. Car ces trous dans la topographie de la maison que crèent régulièrement les mouvements impossibles de la caméra, n'est-ce pas la meilleure manière de dé-réaliser, donc de décrédibiliser le seul thème vraiment intéressant de "Panic Room", c'est-à-dire celui d'un espace labyrinthique que doivent se partager, gérer au mieux les protagonistes ? Au-delà de cette erreur théorique, on doit admettre qu'on aurait aimé aussi un peu de dérapages dans le programme parfaitement exécuté, et les trop rares moments de cruauté ou de trouble laissent entrevoir ce qu'aurait pu être un "Panic Room" plus audacieux, et surtout moins froid.