House-of-Cards-Saison-3-PosterUne fois Frank et Claire Underwood parvenus au pouvoir, de quoi pouvait encore parler "House of Cards" ? Il est clair que les thèmes "politiques" conséquents ne manquent pas : la tension croissante avec la Russie de Poutine autour des questions internationales, et les ambiguités des politiques de gauche ou de droite dans la lutte contre le chômage sont deux beaux sujets - très correctement - traités dans cette saison 3, alors que la question Israelo-Palestinienne et le fonctionnement de l'ONU sont par contre entachés par une vision très simpliste, voire grossière de la géo-politique... Il est également évident que le couple Underwood se devait d'évoluer, et il faut avouer là que cette évolution s'avère une vraie déception : si les maneuvres politiques sont, logiquement, toujours aussi centrales ici, le côté malsain, voire diabolique, du couple se retrouve largement dilué, ce qui entraîne "House of Cards" vers une certaine banalité, vers un statut de série politique un peu lambda. Pire, Kevin Spacey, alourdi, peine même parfois à conférer à son personnage le magnétisme qui était le gros "plus" des deux premières saisons : fatigue passagère ou bien épuisement d'une série qui ronronne désormais ? On se consolera quand même avec le personnage de Doug, passionnant malgré son quasi immobilisme tout au long de la saison, ou encore avec l'interprétation magnétique que Lars Mikkelsen (oui, c'est bien le frère de Mads !) donne de Poutine dans l'une des sous-intrigues les plus réussies de cette saison 3 moyenne, qui se termine en plus par un cliffhanger un peu facile.