Let It ReignLes 3 brûlots punk rock qui ouvrent le nouvel album de Carl Barât (...et ses chacals...), outre le bien qu'ils nous font au niveau de notre nostalgie un peu honteuse d'une époque glorieuse  ("Glory Days") où Joe Strummer nous postillonnait à la face dans un Bataclan en feu, ont le mérite insigne de bien clarifier les choses : ce qui était bien dans les Libertines, ce n'était pas la déglingue pitoyable du clown Doherty, mais bien la combativité old school de l'ami Carl. "Let It Reign", pour n'être pas vraiment une merveille, ressuscite au moins avec sincérité une Angleterre prolo, pugnace, inspirée dans ses mélodies aussi bien que butée dans ses aspirations. On se croirait vraiment par instants en 1977-78 ici, et, même si on peut se demander pourquoi (et comment) un trentenaire comme Carl évoque aussi bien une rébellion qu'il n'a pas vécue, cet album inattendu se révèle formidablement excitant. No future, again ?