boardwalk-empire 5 jaquetteLa prohibition touche à sa fin. Al Capone tombe pour évasion fiscale, Lucky Luciano devient "le parrain", donnant naissance à la mafia telle qu'on la connaîtra par la suite. Joe Kennedy grenouille autour de Bacardi et de Cuba... Voilà le contexte historique de cette ultime saison de "Boardwalk Empire", située en 1931... mais aussi bien des années avant, puisqu'en parallèle avec la fin de l'empire de Nucky Thompson à Atlantic City, on nous révèle enfin l'enfance et les débuts professionnels de Nucky, mais aussi les origines de l'histoire du Commodore et de Gillian Darmody, les deux temporalités s'avérant brillamment entrelacées, sans parler de l'excellente caractérisation qui est faite des personnages dans leur jeune âge. En 8 épisodes percutants, avec moins de longueurs que de coutume dans les saisons précédentes, Terence Winter et ses scénaristes soldent tous les comptes et nous proposent une conclusion à peu près satisfaisante à chaque arc narratif de la série, ce qui est finalement assez exceptionnel... Sauf malheureusement en ce qui concerne Nucky, les dernières minutes de la série bouclant d'une manière trop "scénarisée" son destin, en insistant grossièrement sur la punition "morale" d'un "crime" commis "à l'origine" dont il faudrait un jour payer le prix : c'est facile, et indigne de la complexité qui a toujours été de mise dans la série. On préférera donc plutôt se remémorer l'élégance et la finesse avec laquelle cette ultime saison a recréé la jeunesse de son héros, et a du coup réussi à mettre en perspective - et à ajouter de la profondeur à - nombre de situations vues précédemment. Un joli tour de force pour une série particulièrement bien écrite, interprétée et réalisée, que l'on abandonne finalement avec regrets.