BabelLa rencontre entre la campagne auvergnate et les grands espaces américains, la conjugaison de son attachement aux racines et traditions locales avec sa propre culture "rock", voilà un sujet - et un beau - qui travaille Murat depuis toujours, et qui a donné naissance à l'un de ses plus beaux albums, "Mustango". 15 ans plus tard,  "Babel" laboure de manière toute aussi inspirée le même sillon, en un peu plus roots encore du côté paysan, et un peu plus "ouvert" du côté orchestration (beaucoup d'instruments à vent, de voix féminines, etc.). Et la réussite est une nouvelle fois au rendez vous, seulement à un degré un tout petit peu moindre : c'est que l'inspiration de Murat semble plus irrégulière, et qu'il nous donne parfois l'impression de délayer la sauce dans des morceaux inutilement longs... sans même parler d'une paire de chansons pas vraiment dignes de lui. C'est aussi que le Delano Orchestra n'est pas du niveau des musiciens de Calexico et consorts qui soutenaient "Mustango", et que la production effectue des choix discutables, affaiblissant la puissance que l'on devine souvent derrière les morceaux. Mais, même avec ses réserves, "Babel" enchante souvent, et, grâce à quelques chansons fortes ("Vallée des Merveilles", "Noyade au Chambon", "Frelons d'Asie",...) se rapproche vraiment du chef d’œuvre espéré