Sopranos 5 jaquette

Plutôt mal reçue à l'époque de sa diffusion, la cinquième saison des "Soprano" avait paru marquer un palier, avant que David Chase retrouve le meilleur de son inspiration pour boucler son grand'oeuvre. 10 ans plus tard, on se demande bien pourquoi on avait pu être déçus, tant on reste ici dans la continuation de la quatrième et excellente saison : l'apparition d'un nouveau personnage, ambigu et donc passionnant, subtilement incarné par Steve Buscemi (jusque là uniquement réalisateur occasionel), bouleverse l'équilibre perpétuellement précaire de l'univers de Tony Soprano, empêtré dans ses affaires de "famille" (la sienne, et puis celle de la "Mafia") et de plus en plus solitaire, de plus en plus aux prises à ses bouffées de violence ou d'angoisse. Si la noirceur de ton, qui est devenue la marque de la série au fil des épisodes, au point de frôler le malaise métaphysique, n'est pas tenue de bout en bout, si certains épisodes - en particulier ceux tournant autour de la vie familiale et amoureuse de Tony - n'ont pas la même force, la dernière partie de la saison, lorsque tout s'envenime, se crispe, et lorsque les réflexes les plus durs, voire les plus ignobles ressurgissent, prouve que le pire - donc le meilleur pour le téléspectateur envoûté - est toujours certain.