Journeys affiche

Lors de la sortie de "Le Noise", peu d'entre nous avaient vraiment écouté cet album solo et bruitiste, qu'il était tentant de considérer comme une autre de ces fantaisies inconséquentes dont le Loner a toujours été capable... Entendre pour la première fois une interprétation "live" de plusieurs titres de "Le Noise" nous oblige à réévaluer le travail de Neil Young à cette époque facilement négligée : mêlés à divers classiques ("Ohio", "Down By the River", "I Believe In You", etc.), tous réinterprétés au gré de l'humeur de Neil, tous "frais" comme s'ils avaient été composés hier, les titres de "Le  Noise" montrent que le talent du vieux cheval fou est resté intact, ou que, tout au moins, la rage qui l'habite est toujours là, lui permettant de transcender sans peine les outrages des ans... comme cette voix, qui peine et qui souffre, mais n'en est que plus bouleversante. Pour le reste, malheureusement, le travail de Jonathan Demme, à la réputation pourtant impeccable en la matière ("Stop Making Sense" bien entendu, mais aussi "Heart of Gold"), est très, très criticable : son petit voyage en Ford Crown Victoria 1956 à côté de Neil est des plus anecdotiques, voire inutilement complaisant, alors que son filmage du concert, insistant sur l'impact visible de l'âge sur le corps de Neil, ne sert guère la beauté saississante de la musique. Bref, un film assez médiocre qui nous montre tout de même un concert exceptionnel.