Les Combattants affiche

Toute la première partie des "Combattants" a ceci de remarquable qu'elle nous plonge dans un ravissement et une excitation que peu de comédies, françaises ou autres, ont récemment réussi à créer en nous : deux beaux personnages à la singularité profonde, qui ne doivent rien aux habituels stéréotypes du genre, et la construction d'une histoire d'amour à partir d'une histoire de fascination, le tout au sein d'un portrait doux dingue - mais finalement assez réaliste - de la France telle qu'elle est en 2013, voilà de quoi redonner foi en la validité du cinéma comme portrait d'un pays, d'une génération, d'une époque... Une époque où l'inquiétude, voire la paranoïa, règnent (comme à la télé, oui), sans qu'il y ait pour autant de quoi en faire un drame : se battre, même si c'est contre des moulins à vent, ou contre soi même, est une belle forme d'existence, voilà ce que nous dit Thomas Cailley. Il est alors bien dommage que le film ait un coup de barre sévère à partir du moment où nos deux héros partent en stage commando : l'humour sonne alors moins juste, ou en tous cas plus convenu, et la relation entre nos deux "amoureux" se trivialise un peu, ce qui fait que quand Cailley finit par nous balancer son coup de force scénaristique, justification paradoxale des obsessions de notre héroïne, on est déjà "démobilisés". Conclusion un peu légère également que ce renouvellement final du pacte de croyance entre Madeleine et Arnaud, qui donne le sentiment que l'on a fait du surplace pendant 1h40. Bref, malgré l'énergie du film et de ses deux beaux interprètes, on passe juste à côté du grand film espéré.