House-of-Cards-Season-2-Poster

Assez différente de la première, la seconde saison de "House of Cards" marque un net retour vers les caractéristiques plus "classiques" de la série TV : une moindre prépondérance de la mise en scène, qui, si elle reste plutôt bonne (de nombreux épisodes sont signés par James Foley, d'autres par Jodie Foster par exemple), n'a plus l'excellence du travail de Fincher, et surtout la prolifération de l'intrigue se déployant désormais autour de personnages plus nombreux. Ces deux aspects expliquent un indiscutable affaiblissement formel de la série, mais, et c'est la très très bonne nouvelle de la saison, ne viennent pas dégrader l'intérêt que l'on peut lui porter. Car la description froide et minutieuse des manoeuvres impressionnantes aux quelles se livre le couple Underwood reste toute aussi stimulante, puissante et fascinante que dans la première saison, voire encore plus forte, au fil d'épisodes qui inscrivent mieux le récit au sein de la politique intérieure et extérieure des USA : le conflit économique avec la Chine et les négociations serrées avec les Républicains pour éviter le "freeze" des institutions sont les deux points - réels, ou du moins traités avec beaucoup de réalisme - autour desquels s'articule la stratégie de Frank Underwood, et grâce à cela, l'intrigue politique est de fait encore plus réussie. Un seul bémol en fait cette fois, l'incroyable maladresse d'une scène "sexuelle" au cours du onzième épisode, qui vient stupidement - et inutilement - détruire une grande partie de la fascination que le couple Underwood exerçait jusqu'alors sur le spectateur... un choix scénaristique pour le moins discutable.