Snowpiercer affiche

Une vraie déception que cette adaptation par Bong Joon-Ho, sans doute le meilleur réalisateur coréen, du classique de la BD made in France, "le Transperceneige" : après un départ assez entraînant, qui laisse bien augurer de ce parcours horizontal des strates d'une société futuriste survivant à bord d'un train lancé à pleine vitesse au coeur d'un monde gelé, où Bong sublime l'ambiance crasseuse de la BD et laisse espérer un puissant travelling illustrant l'éternelle lutte des classes, régulièrement percuté par des scènes de violence dont les Coréens possèdent le secret, le film se perd peu à peu. Le choix d'une illustration baroque (limite on est chez Besson, c'est dire) des wagons-classes sociales, le manque de conviction - voire d'intelligence, un comble chez Bong - du filmage de l'action, le choix d'un burlesque grinçant qui, malheureusement, ne fonctionne pas dans ce contexte (alors que dans "The Host", l'humour désespéré transcendait le sujet), toute ces fautes font que Bong n'arrive jamais à dépasser les limitations d'un budget visiblement insuffisant pour recréer la vision démentielle de Lob et Rochette au cinéma. Même si, et heureusement, "Snowpiercer" ne tombe jamais dans la facilité du blockbuster S.F. à l'américaine, il reste l'ébauche parfois inspirée mais souvent frustrante du grand film qu'il aurait pu, non, qu'il aurait du être.