Robocop affiche

En pleine dégénérescence, Hollywood recycle les blockbusters des décennies précédentes en produisant de manière "industrielle" des remakes qui, pour l'instant, s'avèrent assez pitoyables ("Total Recall", "Carrie", "Evil Dead", ...). La (très) fausse bonne idée ici, c'est de penser que le réalisateur des brillants "Troupe d'élite", José Padilha, peut apporter au projet son réalisme cru issu des rues brésiliennes, et faire bon ménage avec le principe d'un conte cynique et largement pervers, typique du travail de Verhoeven. Évidemment, la greffe ne prend pas, les financiers d'Hollywood ayant plus que probablement veillé à ce que "rien ne dépasse", et Padilha s'enlise en essayant de trouver des résonances politiques (anti-républicaines bien entendu), alors que le fun assez crade du "Robocop" original venait de sa violence sans gêne et sans complexes, ainsi que d'un mauvais esprit satirique des plus sympathiques. On se fout bien des problèmes psychologiques (que reste-t-il de ma famille, bouh ouh ouh ?) du héros, ou des dilemmes métaphysiques (est-on encore un homme quand on n'est plus qu'un cerveau contrôlé par des drogues ? Bâillement), on attend notre dose de sadisme que Verhoeven savait si bien nous donner... et on n'a finalement droit qu'à de la pyrotechnie holllywoodienne sans saveur. Triste bilan pour un film qui n'avait nul besoin d'exister de toute manière. Malgré le soutien assez ridiculement chauvin de la presse brésilienne, "Robocop" a très justement fait un bide (et pas seulement au Brésil...), mais nous aura au moins donné envie de revoir les films sales et méchants de Verhoeven, qu'on aime décidément de plus en plus. C'est déjà ça...