Haut Septentrion

On attendait, on attendait, et nous y voilà enfin, Trondheim et Sfar nous offrent le bouclage du "Donjon", période "Crépuscule", à moins qu'il ne s'agisse en fait - on ne sait pas bien à ce stade - de la conclusion générale de cette oeuvre majeure, systématiquement déclinée sur un mode mineur d'humour potache... Alors, il faut avouer qu'on est - évidemment - d'abord un peu perdus au milieu du raccordement assez insensé de toutes les histoires construites progressivement entre les différents cycles du Donjon (une relecture dans l'ordre des "niveaux" semble s'imposer), et d'un combat apocalyptique mené tambour battant... Mais rapidement, la légère irritation créée par le fait de ne pas comprendre grand chose aux péripéties de "Haut Septentrion" se dissipe du fait de la jolie loufoquerie des personnages et des situations (comment ne pas admirer le jeu comique entre le séducteur un peu lourd et sa cible peu consentante, qui doivent échanger leurs corps pour pouvoir échapper à leurs ennemis ?). Si l'ellipse entre les planches 25 et 26 est plutôt bluffante, et donc dure à avaler - mais où irons-nous donc rechercher cette partie de l'histoire ici escamotée ? -, la fin à la foi dantesque et dérisoire est profondément satisfaisante, sans même parler du romantisme léger mais persistant qui se dégage des dernières cases. Au delà de nos plus folles espérances, vu ce qui pouvait sembler un désintérêt progressif des auteurs vis à vis de leur création, et très très bien joué !